La Financière agricole du Québec
Tout pour la relève agricole

Édition 2022

Finalistes 2022 du concours Tournez-vous vers l’excellence!

La Financière agricole est fière de présenter les 10 finalistes 2022 du concours Tournez-vous vers l’excellence!

Créer, expérimenter, innover, implanter… Elles et ils ont en commun d’être dans l’action, de mener de front une multitude d’actions porteuses, jusqu’au succès. Découvrez les parcours singuliers de ces agricultrices et agriculteurs de la relève. Encore cette année, ces personnalités se seront démarquées par leur profil d’entrepreneur et de gestionnaire, ainsi que par la somme et la qualité de leurs réalisations.

Les 10 finalistes accèdent dès maintenant à la seconde phase du concours. Un jury indépendant déterminera le grand gagnant et les deux lauréats. Deux bourses seront aussi remises, l’une pour la qualité du mentorat reçu, soit la bourse du Fonds d'investissement pour la relève agricole (FIRA), et l’autre pour les meilleures pratiques en matière de développement durable.

Les résultats seront connus le 23 novembre prochain dans le cadre du Colloque Gestion du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ).

Comme pour l’ensemble des participants, chaque finaliste recevra un chèque cadeau d’une valeur de 150 $ à utiliser pour les produits ou les formations du CRAAQ.

Concours 2021 Tournez-vous vers l'excellence

Bas-Saint-Laurent

Photo de Martin Lebel

Martin Lebel

Fraisière LeBel inc. (production maraîchère, Saint-Arsène)
Transfert d’entreprise familiale

« Curieux de nature, je ne manque aucune occasion d’apprendre, d’améliorer, de repenser. Et la plus belle paie que je peux recevoir, c’est la gratitude de nos clients. Merci d’être là pour nous, voilà des mots qui donnent un sens aux nombreuses heures travaillées. »

C’est avec « l’entrepreneuriat dans les veines » que Martin reprend la production des fraises et bleuets de la ferme familiale et la positionne parmi les groupes de tête de son secteur. En trois ans, il ajoute une quinzaine de variétés de fruits et légumes à la production, il démarre des activités de transformation et d’autocueillette. Il entreprend plusieurs travaux d’infrastructures pour améliorer la production, pour héberger les travailleurs étrangers et accueillir la clientèle dans trois kiosques, dont un à la ferme. Ingénieur de formation, il implante des concepts d’ingénierie dans chacun de ses projets pour en tirer un maximum d’efficacité et de fonctionnalité. Si 80 % de la production était initialement exportée vers la métropole, Martin a complètement renversé la tendance, animé par le potentiel du marché public local et l’engouement de la clientèle pour ses produits. Malgré la nouvelle notoriété de l’entreprise, Martin tient à garder des prix attrayants qu’il qualifie de démocratiques, attisant ainsi l’achalandage à la ferme. « Le monde attire le monde », voilà la devise qu’il a apprise par son père et qu’il applique à son style de gestion.

Capitale-Nationale

Photo d'Alexandra D. Rochette

Alexandra D. Rochette

Ferme Bio-De-Ly (production laitière biologique, Neuville)
Transfert d’entreprise familiale

« Mon sens de l’organisation et ma volonté de réussir en tant que femme en agriculture me mèneront sûrement à réaliser tous mes projets. »

Alexandra touche à tout : de la soudure à la menuiserie, en passant par la gestion de l'entreprise, la régie du troupeau, la traite, la comptabilité, et plus encore. À 26 ans, elle compte déjà maintes réalisations qui ont amélioré les finances de l’entreprise, ses rendements aux champs et la production de son troupeau. Entre autres résultats, ses vaches sont passées d’une production de 16 kg de lait par jour à 22 kg chacune, pour 4,95 % de gras à 5,25 %. La vente de lait s’est accrue de 62 % et les revenus, de 20 %. Depuis son intégration en 2018, elle a vu à améliorer le confort de ses Jersey. Pour ce faire, elle a doublé la superficie du pâturage et transformé une vieille grange à foin en étable à taures pour la stabulation libre. Ce projet, jugé impossible selon certains experts, elle l’aura réalisé pratiquement seule. Elle se félicite d’ailleurs de s’être entêtée à le mener à bien! « Ma curiosité m'amène à poser mille et une questions, et c'est ce qui me rend débrouillarde et autonome. Je n’attends plus après les autres. » Sa polyvalence, elle l’a apprise durant sa formation agricole, de son entourage, qui est aussi une source de conseils et d’inspiration. Fille d’équipe, elle assume de plus en plus son propre leadership et acquiert la confiance qu’elle concrétisera ses idées pour la croissance de son entreprise, notamment celle d’y implanter sa fromagerie.

Photo de Charles-Emmanuel Gagnon-Coupal

Charles-Emmanuel Gagnon-Coupal

Les Jardins de Cap-aux-Oies (production maraîchère biologique, Les Éboulements)
Démarrage d’une entreprise

« L’engouement pour la souveraineté alimentaire et l’achat local me pousse à vouloir dépasser les limites imposées par l’hiver. »

En trois ans, Charles-Emmanuel crée une ferme viable, comptant plus de 50 variétés de fruits et légumes certifiés biologiques en champs et en serre, même en hiver. Il distribue la totalité de ses récoltes selon une formule zéro déchet, dans un rayon de moins de 50 km de la ferme, soit dans les restaurants gastronomiques, les épiceries et le marché public de Baie-Saint-Paul. Il adhère à la monnaie locale, qui fait rouler l’économie du coin. Il est président de l’Association des maraîchers et fruitiers de Charlevoix, qu’il a contribué à créer. Ainsi, il rassemble les producteurs locaux pour échanger, attirer des formateurs, unir les mises en marché et faire des achats collectifs. Polyvalent, il a lui-même construit sa serre et certains outils, et installé la majorité de ses équipements. Il souhaite que sa ferme soit reconnue comme une entreprise phare de la région et veut la transformer en coopérative de travail. « Je suis motivé par la vision d’une ferme qui a à cœur la production de cultures biologiques de qualité dans un agroenvironnement sain, où l’humain s’émancipe dans l’intégrité et le respect. »

Photo d'Alexandre Côté

Alexandre Côté

Hydromel Charlevoix (apiculture, Baie-Saint-Paul)
Démarrage d’une entreprise

« Je suis fier d’être un exemple d’entrepreneur qui fait preuve de créativité, d’innovation et qui met en valeur l’importance d’intégrer une démarche écologique dans toute décision d’entreprise. »

En visitant des microdistilleries à travers le monde, Alexandre a la piqûre pour l’univers des alcools artisanaux. Ses efforts consacrés pendant plusieurs années à la recherche et au développement lui servent. Trois ans seulement après la création de sa miellerie, celle-ci compte une vingtaine de produits distincts. Son entreprise est jeune, unique et en vue. Elle a pignon sur rue au centre-ville de Baie-Saint-Paul, au cœur du circuit agrotouristique de Charlevoix. Les fruits et aromates qui composent ses miels sont exclusivement des produits du terroir. Pour lui, c’est une question de valeur. Sa personnalité innovante se retrouve dans chaque aspect de son entreprise : le choix de la génétique d’abeilles, soit résistante et adaptée au climat, l’utilisation de ruchers permanents et sa propre technique de fermentation de l’hydromel. Son plan d’affaires, qui demeure son repère, lui a valu le premier prix en 2021 dans la catégorie commerce d’OSEntreprendre. Pour aucune raison, il ne changerait de type de production. « Le miel est un ingrédient d’une grande finesse, qui est une représentation très forte du terroir par l’influence de la flore sur le butinage des abeilles. Celles-ci redonnent à l’écosystème de façon positive. »

Photo de Francis Blouin

Francis Blouin

Ferme François Blouin inc. (production horticole et fruitière, Sainte-Famille)
Transfert d’entreprise familiale

« Je crois que ce qui me distingue des autres entrepreneurs est mon effet rassembleur et motivateur. Je vois toujours le verre à moitié plein et j’essaie d’apprendre quelque chose chaque jour. »

Francis rêvait de produire les meilleurs fruits, légumes et produits transformés de façon rentable, durable et sans déchet. En 2017, après ses études en agriculture, il achète des parts de la ferme paternelle et il y entreprend des activités de transformation. Le succès est tel qu’il triple ses objectifs financiers. Aujourd’hui, tous ses fruits et légumes invendus ou déclassés sont transformés. Jus, barbotines, potages et autres produits sont présents dans une trentaine de points de vente dans la grande région de Québec, sous la signature régionale de l’île d’Orléans. En cinq ans, il a aussi augmenté significativement les rendements de ses champs, entre autres par des investissements technologiques. Grâce à une surveillance étroite de ses coûts de production, il apprend à « mettre ses énergies là où ça compte vraiment ». Trilingue, Francis tient à tisser des liens avec ses travailleurs étrangers et à créer chez eux un véritable sentiment d’appartenance. « La façon dont je m’exprime est à mon avis un atout majeur pour l’entreprise. Les travailleurs se sentent compris et écoutés. » Le jeune entrepreneur vise, avec les membres de sa famille qui sont ses partenaires d’affaires, à créer le plus beau centre agrotouristique de l’île d’Orléans.

Montérégie

Photo de Stéphanie Wang

Stéphanie Wang

Le Rizen (production maraîchère de légumes asiatiques biologiques, Frelighsburg)
Démarrage d’une entreprise

« Ma formation m’a permis de comprendre la société et de positionner Le Rizen de façon presque philosophique, c’est-à-dire une entreprise qui a du sens à la fois pour moi, les employés et les clients. »

Titulaire d’une maîtrise en sociologie de l’agriculture, Stéphanie a une vision singulière de l’agriculture, soit « résiliente, nourricière, porteuse de sens et pérenne ». Au début de ses activités, elle teste la culture de plusieurs légumes asiatiques, dont le gai lan, l’okra, la citronnelle, le luffa et le shiso. Les récoltes sont bonnes et l’enthousiasme des restaurateurs et épiciers est immédiat. Aujourd’hui, son entreprise compte une trentaine de variétés de légumes asiatiques et une vingtaine de produits transformés. Elle tient à conserver une production à échelle humaine. « Ce type de mise en marché de proximité constitue une stratégie de commercialisation du futur, ancrée dans le territoire et misant sur les savoir-faire, la créativité, l’innovation et les ressources issues de la communauté. » Il n’empêche que les projets se multiplient pour elle. Sous peu, elle lancera un site Web transactionnel pour la vente de produits en ligne et un livre dont elle est coauteure. Stéphanie est régulièrement sollicitée pour son expertise, notamment par les médias. Elle souhaite transformer son modèle d’affaires en coopérative et devenir la référence en plants asiatiques biologiques.

Photo de Nancy Fournier

Nancy Fournier

Les fermes Fournier-CA Parent inc. (production porcine, Saint-Alphonse-de-Granby)
Transfert d’entreprise familiale

« L’agriculture est toute ma vie. Depuis toujours, j’en suis passionnée et je crois en elle. »

Jeune, Nancy reprend une partie de l’entreprise familiale. Son site compte 250 acres de terre et 1 950 bêtes. La terre est alors en pacage et non drainée, la porcherie vide et non fonctionnelle et l’érablière non exploitée. « J’ai mis les bouchées doubles pour en arriver là où nous sommes aujourd’hui. » De fait, en quelques années, elle renverse la vapeur et développe le plein potentiel de tous les aspects de son entreprise. Elle rachète des terres, rénove les bâtiments, double son troupeau, investit dans des technologies, optimise sa rentabilité et démarre le volet acéricole de l’entreprise. Nancy ne ménage aucun effort; elle est animée par le désir de donner la chance à ses trois jeunes enfants de s’établir éventuellement en agriculture. Diplômée de l'Institut de technologie agroalimentaire du Québec, elle y avait reçu une bourse pour son implication exceptionnelle. Celle qui, à 21 ans, siégeait déjà au conseil d’administration du syndicat de l’UPA de la Haute-Yamaska maintient encore aujourd’hui ses différents engagements, même avec un agenda rempli. « M’impliquer m’apporte autant à moi qu’aux autres. J’aime faire connaître notre profession et surtout valoriser celle-ci auprès des gens. J’ai ainsi l’impression d’aider et de faire avancer l’agriculture. »

Mauricie

Photo de Florence Bélanger

Florence Bélanger

Coopérative La Charrette (production maraîchère, Saint-Élie-de-Caxton)
Démarrage d’une entreprise

« Nous comptons laisser aller notre créativité pour y faire naître un petit coin de paradis où peut germer toute idée folle, pourvu qu’elle soit belle et qu’elle réponde au besoin commun. »

En seulement trois années, la Coopérative La Charette a produit plus d’une soixantaine de variétés de légumes. Florence a plus que triplé le nombre de paniers bio qui y sont vendus depuis l’an un. Cette saison, elle compte nourrir 330 familles en plus de fournir kiosques, épiceries et restaurants. Ses trois nouvelles serres permettront de produire à l’année. Celles-ci ont d’ailleurs fait la transition du chauffage au propane vers l’électricité, une initiative qui a valu à l’entreprise une bourse du Fonds C Desjardins dans la catégorie Innovation. « Nous pouvons dire à nos clients que même leurs tomates rouges… sont vertes! » C’est sur les bancs d’école que Florence a rencontré ses partenaires d’affaires. Fonder une coopérative tient de leurs valeurs communes et résulte de la possibilité qu’elle ouvre à l’intégration de nouveaux membres, qui y ajouteront leurs propres couleurs. Pour relever le défi de la cogestion, Florence et ses partenaires n’ont pas hésité à suivre des formations sur les communications bienveillantes, le leadership positif, la gestion holistique. Si elle considère les points de chute de ses légumes comme des endroits festifs et rassembleurs, elle souhaite en faire un véritable lieu communautaire, accueillant entre autres une épicerie libre-service et des soirées thématiques.

Outaouais

Photo de Caroline Chénier

Caroline Chénier

Les Serres Gatineau 2019 s.e.n.c. (production maraîchère – en serre, Gatineau)
Transfert d’entreprise familiale

« Je crois qu’il est important de parler de notre domaine d’activité et d’en faire la promotion auprès du monde des affaires. Il faut aussi montrer et mettre de l’avant des femmes qui sont des cheffes d’entreprise. »

En 2020, Femmessor identifie Caroline comme l’une des 100 entrepreneures qui changent le monde! Quelques années auparavant, elle quittait son emploi, en quête de sens. Elle est alors guidée par l’idée « d’avoir un impact, de nourrir le monde, d’améliorer la nutrition et de contribuer à lutter contre l’insécurité alimentaire ». Elle entreprend des études en agriculture. En même temps, elle intègre l’entreprise et se lance dans des travaux : revamper les installations, introduire des technologies permettant d’économiser des centaines d’heures de travail, maximiser les espaces de culture. Elle ajoute à sa stratégie de mise en marché sa présence sur le Marché de l’Outaouais, une plateforme en ligne pour les produits locaux. Elle produit dorénavant à l’année, prenant soin de maximiser l’efficacité énergétique avec la réinjection de CO2 pour le chauffage des serres. Ses pratiques environnementales lui valent d’ailleurs le prix du Projet d’exception en développement durable au Gala Excelor 2021 de la Chambre de commerce de Gatineau. Caroline est aussi très engagée au sein de plusieurs conseils d’administration, voulant ainsi mettre de l’avant l’agriculture, l’achat local et les entrepreneures.

Saguenay–Lac-Saint-Jean

Photo de Rose-Alice Boivin-Côté

Rose-Alice Boivin-Côté

Fromagerie Boulangerie Médard (production laitière, transformation alimentaire, Saint-Gédéon)

« La famille, le bien-être des employés et des animaux, la fabrication de produits d’exception et l’expérience client ont toujours fait partie de nos valeurs et de notre vision. »

Rose-Alice devient coactionnaire de l’entreprise en 2017, à parts égales avec sa sœur et son frère. Rose-Alice est la fromagère du trio. Elle est aussi l’instigatrice d’importants travaux de modernisation qui ont démarré dès l’acquisition. Par son initiative, les fromages à pâte molle sont devenus la spécialité de la maison. Elle en compte huit variétés, qui ont des échos à l’échelle nationale et internationale. En cinq ans, le chiffre d’affaires de l’entreprise connaît un bond de près de 60 % et la production annuelle de lait, de 36 %. Située dans un lieu touristique stratégique, la fromagerie accueille quelque 50 000 clients seulement en été. Ils y dégustent les fromages et les produits de la boulangerie, soit les pains et les viennoiseries cuisinés sur place. Plus d’une trentaine d’étudiants y trouvent leur emploi d’été. L’entreprise est une histoire de famille (tissée serrée!), qui s’est transmise de génération en génération depuis 1881. « Notre force réside dans notre complémentarité, notre complicité et la façon d’intégrer celles-ci à notre gestion quotidienne, en famille. » Fait anecdotique : la ferme étant la réplique d’un vieux couvent, une cloche sonne chaque fois que le fromage en grains est prêt… ce qui fait accourir les clients!

Membres du jury indépendant

  • Madame Hélène Brassard, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
  • Madame Joanie Courchesne, Fédération de la relève agricole du Québec
  • Madame Marie-Claude Bernard, La Financière agricole du Québec
  • Monsieur Gilles Martin, producteur retraité
  • Monsieur Dominique Vignola, retraité de La Financière agricole du Québec